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Vouloir imiter plutôt qu’incarner

Tu regardes ton maître.

Tu admires sa posture, la fluidité de son mouvement, la puissance tranquille de son souffle.

Et, naturellement, tu veux faire pareil.

Alors tu copies, le geste, la forme, le regard.

Mais quelque chose ne passe pas.

Car ce que tu imites n’est qu’une coquille vide.

Comme le rappelle Lao Tseu :« Connaître les autres est intelligence,se connaître soi-même est sagesse. » - Dao De Jing, chap. 33

Autrement dit, recopier ce que fait l’autre, ce n’est qu’un début.

Mais le chemin véritable commence le jour où tu plonges dans ton propre souffle, ton propre silence.

La Voie n’est pas un théâtre. Elle n’a pas besoin d’acteurs. Elle a besoin de présences vraies.

Et pourtant… beaucoup se contentent de mimer, comme si l’extérieur pouvait remplacer l’intérieur.

C’est oublier que le Nei Gong est une incarnation, pas une performance.

C’est un feu qui doit naître de l’intérieur, pas une lampe qu’on allume de l’extérieur.

Tchouang Tseu l’exprime avec sa poésie habituelle :« Le sage ne cherche pas à ressembler,il cherche à être.
L’eau ne copie pas la montagne, et pourtant elle en reflète la grandeur. » 

Ce que tu vois à l’extérieur d’un maître n’est qu’un reflet.

Mais si tu veux goûter la source, il te faut plonger dans ta propre profondeur, et non te contenter d’un miroir.

Dans le Huangdi Neijing, l’Empereur Jaune pose une question essentielle
à Qi Bo :« Pourquoi certains pratiquent-ils les méthodes sans jamais atteindre la plénitude ? »

Et Qi Bo répond sans détour :« Parce qu’ils imitent les formes sans transformer leur cœur. »

Cette phrase est un avertissement : tu peux apprendre mille postures, mille techniques… mais si ton cœur n’a pas changé, rien ne s’ouvrira. Imiter, c’est vouloir paraître. Incarner, c’est laisser le Tao se déposer.

L’un nourrit l’ego. L’autre révèle l’Être.

Et le Livre des Rites (Lǐ Jì) le rappelle avec force :
« Le rite n’a de valeur que lorsqu’il est habité.
Sans intention sincère, il n’est qu’un masque. »

Il ne suffit pas d’exécuter un rituel, de suivre une forme, de réciter une posture.

Ce qui donne vie à la pratique, c’est l’intention sincère, la vérité de l’instant.

Le Yi Jing, avec l’hexagramme 61 — Zhong Fu (La Vérité Intérieure), nous éclaire aussi sur ce point.

Il enseigne que la transformation ne naît pas de la conformité aux formes extérieures, mais de la rectitude du cœur.

Quand ton cœur est vrai, chaque geste devient juste.

Quand ton cœur est vide, chaque geste sonne creux.

Alors la prochaine fois que tu pratiques, ne cherche pas à ressembler.

Ne cherche pas à “bien faire”. Demande-toi simplement : suis-je en train d’habiter ce geste, ou seulement de l’imiter ?

Car le Tao ne regarde pas la perfection extérieure.

Il regarde la sincérité intérieure. Et quand cette sincérité brûle en toi, ton mouvement devient vivant. Ton souffle devient espace.

Ton être devient Tao.

 

C’est cela, incarner. Pas reproduire. Mais laisser émerger en soi ce que l’on est déjà.

 

source : Olivier ALLENO